MERCOSUR · INTÉGRATION RÉGIONALE
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Mercosur : l’intégration à l’épreuve du conflit politique

La dégradation de la relation entre Lula et Milei n’a pas paralysé le Mercosur. Commerce, administrations communes et négociations extérieures continuent d’avancer : signe d’une résilience réelle du bloc, mais d’une autonomie encore incomplète.

La dégradation de la relation entre Lula et Milei n’a pas paralysé le Mercosur. Commerce, administrations communes et négociations extérieures continuent d’avancer : signe d’une résilience réelle du bloc, mais d’une autonomie encore incomplète.


[ Analyse 08/08 ]
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L’ENJEU

Le 5 août 2026, le Brésil a abaissé le niveau de sa représentation diplomatique en Argentine après de nouvelles attaques de Javier Milei contre Lula. Pourtant, la dégradation politique entre les deux principaux membres du Mercosur n’a interrompu ni les échanges, ni les administrations communes, ni l’agenda extérieur du bloc. Cette dissociation entre conflit politique et continuité institutionnelle constitue le point de départ de l’analyse.Ce qui mérite pourtant l’attention n’est pas tant l’intensité de cette hostilité que ce qu’elle ne provoque plus.
REPÈRE VISUEL

À Montevideo, le siège du Mercosur matérialise une intégration qui ne dépend plus seulement des relations entre présidents. Derrière les crises politiques subsistent des administrations, des règles et des routines capables de maintenir le fonctionnement ordinaire du bloc.

Photo : Fedaro · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · traitement Mirador


[ Analyse 08/08 ]
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L’ENJEU

L’ENJEU

Le 5 août 2026, le Brésil a abaissé le niveau de sa représentation diplomatique en Argentine après de nouvelles attaques de Javier Milei contre Lula. Pourtant, la dégradation politique entre les deux principaux membres du Mercosur n’a interrompu ni les échanges, ni les administrations communes, ni l’agenda extérieur du bloc. Cette dissociation entre conflit politique et continuité institutionnelle constitue le point de départ de l’analyse.Ce qui mérite pourtant l’attention n’est pas tant l’intensité de cette hostilité que ce qu’elle ne provoque plus.
Le 5 août 2026, le Brésil a abaissé le niveau de sa représentation diplomatique en Argentine après de nouvelles attaques de Javier Milei contre Lula. Pourtant, la dégradation politique entre les deux principaux membres du Mercosur n’a interrompu ni les échanges, ni les administrations communes, ni l’agenda extérieur du bloc. Cette dissociation entre conflit politique et continuité institutionnelle constitue le point de départ de l’analyse.Ce qui mérite pourtant l’attention n’est pas tant l’intensité de cette hostilité que ce qu’elle ne provoque plus.
REPÈRE VISUEL
REPÈRE VISUEL

À Montevideo, le siège du Mercosur matérialise une intégration qui ne dépend plus seulement des relations entre présidents. Derrière les crises politiques subsistent des administrations, des règles et des routines capables de maintenir le fonctionnement ordinaire du bloc.

À Montevideo, le siège du Mercosur matérialise une intégration qui ne dépend plus seulement des relations entre présidents. Derrière les crises politiques subsistent des administrations, des règles et des routines capables de maintenir le fonctionnement ordinaire du bloc.

Photo : Fedaro · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · traitement Mirador
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EN BREF
EN BREF
01

Le Mercosur a acquis une réelle capacité de résilience : commerce intrarégional, administrations et agenda commercial extérieur continuent de fonctionner malgré la dégradation de la relation entre Lula et Milei.

Le Mercosur a acquis une réelle capacité de résilience : commerce intrarégional, administrations et agenda commercial extérieur continuent de fonctionner malgré la dégradation de la relation entre Lula et Milei.

02

Cette robustesse reste toutefois limitée par son caractère intergouvernemental. Le bloc sait mieux administrer l’acquis qu’approfondir l’intégration contre la volonté d’un État membre.

Cette robustesse reste toutefois limitée par son caractère intergouvernemental. Le bloc sait mieux administrer l’acquis qu’approfondir l’intégration contre la volonté d’un État membre.

03

Le véritable point de rupture se situe moins dans les tensions personnelles entre présidents que dans la politique commerciale extérieure : des accords bilatéraux autonomes remettraient en cause la fonction même de l’union douanière.

Le véritable point de rupture se situe moins dans les tensions personnelles entre présidents que dans la politique commerciale extérieure : des accords bilatéraux autonomes remettraient en cause la fonction même de l’union douanière.

CHIFFRES CLÉS
CHIFFRES CLÉS

7,4 Md$

7,4 Md$

7,4 Md$

EXPORTATIONS

Argentine → Brésil · janv.–juil. 2026

9,1 Md$

9,1 Md$

9,1 Md$

IMPORTATIONS

Brésil → Argentine · janv.–juil. 2026

#1

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PARTENAIRE COMMERCIAL

Le Brésil pour l’Argentine

Une crise politique qui ne bloque plus l’économie

La crise entre Luiz Inácio Lula da Silva et Javier Milei a désormais des effets diplomatiques visibles. Le 5 août 2026, après une nouvelle série d’attaques personnelles du président argentin contre son homologue brésilien, Brasília a abaissé le niveau de sa représentation à Buenos Aires. Près de trois ans après l’arrivée de Milei au pouvoir, les deux chefs d’État n’avaient toujours pas tenu de véritable rencontre bilatérale.

Ce qui mérite pourtant l’attention n’est pas tant l’intensité de cette hostilité que ce qu’elle ne provoque plus.

Le Mercosur est né du rapprochement entre l’Argentine et le Brésil. Au début des années 1990, la construction régionale devait précisément transformer une rivalité historique en interdépendance économique et rendre la relation bilatérale plus prévisible. Dans ce contexte, une dégradation aussi nette de la relation politique entre Buenos Aires et Brasília aurait longtemps été considérée comme une menace directe pour l’intégration.

Les échanges commerciaux racontent aujourd’hui une histoire différente. Entre janvier et juillet 2026, l’Argentine a exporté 7,387 milliards de dollars de marchandises vers le Brésil et en a importé 9,136 milliards. Malgré la progression de la Chine et le rapprochement engagé par Buenos Aires avec Washington, le Brésil reste son premier partenaire commercial.

L’écart entre la diplomatie et l’économie est important. Il montre que trente-cinq années d’intégration ont créé des mécanismes qui ne dépendent plus directement de la qualité de la relation présidentielle. Les industriels automobiles de Córdoba, les importateurs paulistes ou les administrations douanières d’Uruguayana n’attendent pas une amélioration des rapports entre Lula et Milei pour savoir quelles règles appliquer.

Le Mercosur n’est évidemment pas devenu apolitique. Il est simplement arrivé à un stade où une grande partie de son fonctionnement ordinaire n’exige plus d’impulsion politique permanente. C’est déjà une forme d’institutionnalisation.

Le Mercosur tient désormais par ses routines

Comparer le Mercosur à l’Union européenne conduit souvent à souligner ce qu’il ne possède pas : une Commission dotée d’une forte autonomie, un véritable ordre juridique supranational ou une capacité importante à imposer une décision aux gouvernements nationaux. La comparaison masque cependant ce que le bloc sud-américain a progressivement construit.

Le Conseil du marché commun assure la direction politique. Le Groupe marché commun coordonne l’exécution. La Commission de commerce administre les principaux instruments commerciaux. Autour de ces organes gravitent des groupes techniques consacrés aux douanes, aux normes, aux transports, à l’agriculture, aux questions sanitaires ou au numérique. Le Protocole d’Olivos complète cet ensemble par un mécanisme de règlement des différends et un Tribunal permanent de révision.

Cette architecture paraît peu spectaculaire. C’est précisément sa fonction. Une institution régionale devient résistante lorsque son fonctionnement le plus quotidien cesse d’être un événement politique.

Le sommet d’Asunción du 30 juin 2026 en fournit une illustration. Javier Milei n’y participait pas et l’Argentine était représentée par son ministre des Affaires étrangères, Pablo Quirno. L’absence du président argentin n’a pas interrompu l’agenda du bloc. Les négociations avec le Canada, l’Inde et le Vietnam ont continué et le Mercosur a engagé un nouveau processus avec le Japon.

L’institution absorbe ainsi une partie des variations politiques nationales. Un président peut manquer un sommet sans bloquer les travaux. Un gouvernement peut entretenir une relation difficile avec son principal voisin tout en continuant d’envoyer ses diplomates, ses douaniers et ses techniciens dans les enceintes communes.

L’accord avec l’Union européenne constitue un test plus exigeant encore.

Le 17 janvier 2026, après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne et le Mercosur ont signé à Asunción leur accord de partenariat ainsi qu’un accord commercial intérimaire. Une fois les procédures nécessaires achevées par les quatre membres fondateurs, le volet commercial a commencé à s’appliquer provisoirement le 1er mai.

Le calendrier est révélateur. Cet accord a traversé des gouvernements de gauche et de droite, des périodes de fermeture commerciale et d’autres d’ouverture, des crises diplomatiques et plusieurs changements de priorités nationales. Il entre finalement en application au moment même où la relation entre les présidents argentin et brésilien atteint l’un de ses niveaux les plus bas.

Après vingt-cinq ans de négociation, un accord n’appartient plus réellement au gouvernement qui l’a lancé. Des administrations l’ont préparé, des entreprises ont adapté leurs stratégies, des calendriers tarifaires ont été négociés, des procédures juridiques ont été engagées et des partenaires étrangers ont organisé leurs propres politiques autour de sa conclusion. La continuité produit progressivement ses propres intérêts.

C’est l’un des effets les plus importants de l’intégration régionale : elle augmente le coût de la rupture. Une relation diplomatique peut être dégradée en quelques jours. Il est beaucoup plus difficile de défaire des préférences tarifaires, de renégocier des règles d’origine ou de revenir sur des engagements pris collectivement devant un partenaire extérieur.

Le processus de ratification de l’accord avec l’EFTA obéit à la même logique. Le Mercosur ne fonctionne donc plus uniquement parce que ses gouvernements souhaitent politiquement coopérer à un instant donné. Il fonctionne aussi parce que trente ans de décisions ont produit un stock de règles, d’intérêts et d’engagements qu’il devient coûteux de remettre en cause.

Le consensus reste sa faiblesse

Cette résistance ne doit pas être confondue avec une autonomie institutionnelle complète.

Le Mercosur demeure profondément intergouvernemental. Chaque État dispose d’une voix et les principales décisions sont adoptées par consensus. Ses organes centraux sont composés de représentants nationaux. Aucune autorité régionale ne peut durablement imposer à Buenos Aires ou à Brasília une orientation commerciale qu’ils refusent.

Cette architecture protège autant qu’elle expose le bloc.

Elle limite d’abord les affrontements classiques entre institutions régionales et gouvernements nationaux. Les États du Mercosur ayant transféré relativement peu de souveraineté, un changement politique à Buenos Aires ou à Brasília ne produit pas automatiquement un conflit avec une autorité supranationale indépendante.

La contrepartie est immédiate : lorsqu’un grand membre veut réellement empêcher une décision, le système dispose de peu de moyens pour le contourner.

Le Mercosur est ainsi beaucoup plus performant pour administrer l’intégration déjà acquise que pour créer de nouvelles obligations contre la volonté d’un gouvernement. Les règles douanières peuvent continuer de fonctionner pendant une crise diplomatique. Construire une nouvelle politique commerciale commune exige toujours un accord politique entre les capitales.

La question du tarif extérieur commun montre comment le bloc tente de gérer cette contrainte.

Javier Milei plaide depuis longtemps pour un Mercosur plus flexible, dans lequel l’Argentine disposerait de davantage de liberté pour réduire ses tarifs ou conclure des arrangements extérieurs. Plutôt que de transformer ce désaccord doctrinal en confrontation ouverte, les autres membres ont accepté en 2025 d’élargir temporairement les listes nationales d’exceptions au tarif extérieur commun, avec jusqu’à cinquante positions supplémentaires par pays.

Le compromis est intéressant parce qu’il ne résout pas le désaccord. Il l’encadre.

L’Argentine obtient une marge de manœuvre supplémentaire. Le principe d’un tarif extérieur commun demeure. La règle n’est donc pas abandonnée ; elle est rendue suffisamment flexible pour absorber une divergence entre gouvernements.

Cette méthode possède cependant une limite évidente. Une union douanière peut tolérer des exceptions. Elle ne peut pas multiplier indéfiniment les politiques nationales autonomes sans perdre progressivement ce qui la distingue d’une simple zone de libre-échange.

La question n’est donc pas de savoir si le Mercosur peut supporter des divergences. Il le fait déjà. Elle est de savoir jusqu’où il peut les organiser sans que la flexibilité ne finisse par modifier la nature même du bloc.

L’accord Argentine États-Unis est le vrai test

C’est pourquoi l’accord annoncé entre l’Argentine et les États-Unis en février 2026 mérite davantage d’attention que les échanges de déclarations entre Lula et Milei.

Buenos Aires estime pouvoir mettre en œuvre les concessions prévues dans cet accord à l’intérieur des flexibilités déjà admises par le Mercosur. Brasília a immédiatement adopté une lecture plus prudente. Les autorités brésiliennes ont examiné la compatibilité des concessions tarifaires, des règles d’origine et de certaines dispositions non tarifaires avec les engagements de l’Argentine au sein du bloc.

Le problème est juridique autant que politique. Depuis la décision CMC 32/00, les membres du Mercosur se sont engagés à négocier conjointement les accords commerciaux préférentiels avec les pays tiers.

C’est ici que la différence entre crise diplomatique et crise institutionnelle devient nette.

Une attaque verbale contre Lula ne modifie pas la réglementation douanière applicable le lendemain matin. Une ambassade administrée temporairement par un chargé d’affaires n’empêche pas automatiquement la Commission de commerce de se réunir. Même l’absence d’un président à un sommet peut être compensée par la présence de son ministre.

Une politique commerciale extérieure durablement autonome relève d’une autre catégorie. Si Buenos Aires considère qu’elle peut multiplier ses propres accords préférentiels tandis que Brasília juge cette pratique incompatible avec le droit du Mercosur, le désaccord ne porte plus seulement sur la manière de gérer l’organisation. Il porte sur ce que l’organisation est censée être.

Une union douanière suppose qu’une partie de la politique commerciale extérieure reste commune. Quatre politiques extérieures entièrement indépendantes peuvent parfaitement coexister dans une zone de libre-échange. Elles deviennent beaucoup plus difficiles à concilier avec une union douanière.

C’est autour de cette frontière que se joue aujourd’hui la question la plus importante pour le Mercosur.

Le Mercosur a gagné en autonomie, pas en indépendance

Le cas argentino-brésilien montre finalement que la robustesse d’une institution ne se mesure pas à l’absence de conflit entre ses membres.

Le Mercosur supporte aujourd’hui une relation présidentielle très dégradée sans que son commerce, ses administrations ou ses négociations extérieures cessent de fonctionner. Ce résultat n’est pas secondaire. Il signifie que le bloc a accumulé suffisamment de règles, de routines et d’intérêts pour ne plus dépendre de la cordialité entre ses deux principaux dirigeants.

Mais cette autonomie reste limitée.

L’organisation peut continuer à appliquer une règle commune malgré une crise politique. Elle ne peut pas définir durablement ce qui doit rester commun si ses principaux membres cessent de s’accorder sur ce point.

C’est la distinction centrale.

Lula voit dans le Mercosur un instrument collectif de projection commerciale et politique. Milei privilégie une lecture dans laquelle l’intégration ne doit pas empêcher l’Argentine de rechercher les accords qu’elle considère les plus favorables. Ces deux conceptions peuvent coexister tant que les flexibilités demeurent périphériques. Elles cessent de l’être si elles produisent deux conceptions incompatibles de la politique commerciale extérieure du bloc.

Le Mercosur est donc plus institutionnalisé qu’une simple alliance entre gouvernements, mais il n’est pas devenu indépendant d’eux. Il n’a plus besoin que Buenos Aires et Brasília s’entendent sur chaque dossier. Il a encore besoin qu’elles s’accordent sur la définition de ce qui doit rester commun.

C’est probablement là que se situe son véritable test de maturité.

Le bloc a déjà montré qu’il pouvait survivre à la disparition de la cordialité présidentielle. La prochaine étape consiste à déterminer s’il peut préserver une fonction commune lorsque les gouvernements ne partagent plus exactement la même conception de l’intégration.

ANALYSE QUANTITATIVE

ANALYSE QUANTITATIVE

Le Brésil reste le premier partenaire de l’Argentine
Le Brésil reste le premier partenaire de l’Argentine
COMMERCE DE BIENS DE L’ARGENTINE AVEC SES CINQ PREMIERS PARTENAIRES · JANVIER-JUILLET 2026 · MD USD
COMMERCE DE BIENS DE L’ARGENTINE AVEC SES CINQ PREMIERS PARTENAIRES · JANVIER-JUILLET 2026 · MD USD

LECTURE

Sur les sept premiers mois de 2026, le Brésil reste le premier partenaire commercial de l’Argentine, avec 16,5 Md USD d’échanges de biens, devant la Chine à 15,1 Md USD. Les flux restent soutenus dans les deux sens : 7,4 Md USD d’exportations argentines vers le Brésil et 9,1 Md USD d’importations. La persistance de ces échanges contraste avec la forte dégradation de la relation politique entre Buenos Aires et Brasília et illustre la profondeur de l’interdépendance économique entre les deux pays.

SOURCE & MÉTHODE

Données : INDEC, Intercambio comercial argentino, juillet 2026. Exportations et importations de biens cumulées de janvier à juillet 2026, par principal partenaire commercial.

Calculs et visualisation : Mirador, avec Python, pandas et Matplotlib. Classement établi selon le commerce bilatéral cumulé (exportations + importations) ; totaux calculés à partir des valeurs non arrondies.

POINT DE BASCULE

POINT DE BASCULE

Le point de bascule n’est pas l’hostilité entre Lula et Milei, mais le moment où les flexibilités négociées deviennent des politiques commerciales extérieures autonomes. À ce seuil, le Mercosur ne gère plus simplement ses divergences : la fonction même de l’union douanière commence à se défaire.
Le point de bascule n’est pas l’hostilité entre Lula et Milei, mais le moment où les flexibilités négociées deviennent des politiques commerciales extérieures autonomes. À ce seuil, le Mercosur ne gère plus simplement ses divergences : la fonction même de l’union douanière commence à se défaire.
Le point de bascule n’est pas l’hostilité entre Lula et Milei, mais le moment où les flexibilités négociées deviennent des politiques commerciales extérieures autonomes. À ce seuil, le Mercosur ne gère plus simplement ses divergences : la fonction même de l’union douanière commence à se défaire.

CONDITION DE RÉVISION

CONDITION DE RÉVISION

CE QUI FERAIT CHANGER L’ANALYSE
CE QUI FERAIT CHANGER L’ANALYSE

Si Buenos Aires ou Brasília utilisait durablement le consensus pour empêcher de nouveaux compromis, ou si des accords préférentiels autonomes devenaient une pratique normalisée, l’analyse devrait être révisée : la résilience observée relèverait davantage de l’inertie de l’acquis que d’une véritable autonomie institutionnelle. À l’inverse, la conclusion de nouveaux accords communs malgré une relation politique durablement dégradée confirmerait que le Mercosur peut non seulement survivre au conflit entre ses dirigeants, mais continuer à produire de l’intégration sans leur confiance personnelle.

Si Buenos Aires ou Brasília utilisait durablement le consensus pour empêcher de nouveaux compromis, ou si des accords préférentiels autonomes devenaient une pratique normalisée, l’analyse devrait être révisée : la résilience observée relèverait davantage de l’inertie de l’acquis que d’une véritable autonomie institutionnelle. À l’inverse, la conclusion de nouveaux accords communs malgré une relation politique durablement dégradée confirmerait que le Mercosur peut non seulement survivre au conflit entre ses dirigeants, mais continuer à produire de l’intégration sans leur confiance personnelle.

À SURVEILLER

À SURVEILLER

01

01

Accord Argentine–États-Unis
Accord Argentine–États-Unis

Son traitement juridique constituera le premier test : une accommodation dans les marges du tarif extérieur commun montrerait que le bloc sait organiser la divergence ; une incompatibilité formelle ouvrirait un conflit sur la politique commerciale commune elle-même.

Son traitement juridique constituera le premier test : une accommodation dans les marges du tarif extérieur commun montrerait que le bloc sait organiser la divergence ; une incompatibilité formelle ouvrirait un conflit sur la politique commerciale commune elle-même.

02

Négociations collectives
Négociations collectives

La progression des négociations avec le Japon, le Canada, l’Inde, le Vietnam ou la Corée du Sud malgré la crise bilatérale constituerait la preuve la plus solide que le Mercosur conserve une capacité autonome à produire de nouveaux engagements extérieurs.

La progression des négociations avec le Japon, le Canada, l’Inde, le Vietnam ou la Corée du Sud malgré la crise bilatérale constituerait la preuve la plus solide que le Mercosur conserve une capacité autonome à produire de nouveaux engagements extérieurs.

03

Usage du consensus
Usage du consensus

Le passage de la divergence politique à des blocages répétés dans les organes décisionnels constituerait le signal décisif d’une crise institutionnelle : le Mercosur sait administrer l’acquis, mais reste vulnérable lorsqu’un État majeur refuse la production de nouveaux compromis.

Le passage de la divergence politique à des blocages répétés dans les organes décisionnels constituerait le signal décisif d’une crise institutionnelle : le Mercosur sait administrer l’acquis, mais reste vulnérable lorsqu’un État majeur refuse la production de nouveaux compromis.

04

Exceptions au tarif commun
Exceptions au tarif commun

Quelques exceptions peuvent servir de soupape institutionnelle ; leur multiplication montrerait au contraire que la flexibilité commence à vider la règle commune de sa substance et à rapprocher progressivement le bloc d’une simple zone de libre-échange.

Quelques exceptions peuvent servir de soupape institutionnelle ; leur multiplication montrerait au contraire que la flexibilité commence à vider la règle commune de sa substance et à rapprocher progressivement le bloc d’une simple zone de libre-échange.

SOURCES & MÉTHODE

SOURCES & MÉTHODE

Sélection de sources structurantes, classées selon leur nature et leur fonction dans le raisonnement.
Sélection de sources structurantes, classées selon leur nature et leur fonction dans le raisonnement.
Sélection de sources structurantes, classées selon leur nature et leur fonction dans le raisonnement.

PRIMAIRE

DONNÉES

INDEC

PRIMAIRE

FONCTION DANS L’ANALYSE

Établir les flux commerciaux Argentine–Brésil et le maintien du Brésil comme premier partenaire commercial de l’Argentine.

Établir les flux commerciaux Argentine–Brésil et le maintien du Brésil comme premier partenaire commercial de l’Argentine.

PRIMAIRE

DOCUMENT INSTITUTIONNEL

Mercosur

PRIMAIRE

FONCTION DANS L’ANALYSE

Établir le caractère intergouvernemental du bloc, l’égalité des voix et la prise de décision par consensus.

Établir le caractère intergouvernemental du bloc, l’égalité des voix et la prise de décision par consensus.

PRIMAIRE

DROIT

Mercosur

PRIMAIRE

FONCTION DANS L’ANALYSE

Fonder juridiquement le principe de négociation commerciale conjointe avec les pays tiers, au cœur de la nature d’union douanière du Mercosur.

Fonder juridiquement le principe de négociation commerciale conjointe avec les pays tiers, au cœur de la nature d’union douanière du Mercosur.

PRIMAIRE

DOCUMENT INSTITUTIONNEL

Conseil de l’Union européenne

PRIMAIRE

FONCTION DANS L’ANALYSE

Établir la chronologie de la signature de l’accord UE–Mercosur puis de l’application provisoire de son volet commercial.

Établir la chronologie de la signature de l’accord UE–Mercosur puis de l’application provisoire de son volet commercial.

SECONDAIRE

PRESSE

Reuters

SECONDAIRE

FONCTION DANS L’ANALYSE

Documenter l’abaissement du niveau de la relation diplomatique entre le Brésil et l’Argentine, les nouvelles attaques de Javier Milei contre Lula et l’absence persistante de véritable rencontre bilatérale entre les deux présidents.

Documenter l’abaissement du niveau de la relation diplomatique entre le Brésil et l’Argentine, les nouvelles attaques de Javier Milei contre Lula et l’absence persistante de véritable rencontre bilatérale entre les deux présidents.