GÉOPOLITIQUE · DONNÉES & INFRASTRUCTURES
GÉOPOLITIQUE · DONNÉES & INFRASTRUCTURES
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Géopolitique des données numériques

Géopolitique des données numériques

Géopolitique des données numériques

Localiser le numérique suffit-il à le contrôler ?
Localiser le numérique suffit-il à le contrôler ?
Localiser le numérique suffit-il à le contrôler ?
Amaël Cattaruzza · Le Cavalier Bleu · 2019
Amaël Cattaruzza · Le Cavalier Bleu · 2019


[ Note de lecture 02 / 05 ]
[ Note de lecture 02 / 05 ]

Suivre ce que la chaîne logistique fait d’un avantage productif entre son lieu d’origine et son marché.

L'angle de lecture

L'angle de lecture

La géographie des infrastructures ne coïncide pas nécessairement avec celle du pouvoir.

La géographie des infrastructures ne coïncide pas nécessairement avec celle du pouvoir.

La géographie des infrastructures ne coïncide pas nécessairement avec celle du pouvoir.

Câbles, datacenters, régions cloud et points d’échange donnent au numérique une géographie matérielle. Mais leur implantation sur un territoire ne dit pas encore qui les exploite, qui en fixe les conditions d’usage, quelle autorité peut agir sur les données ni où demeure la valeur créée. Il faut donc distinguer la présence locale d’une capacité numérique de la capacité effective à décider de son fonctionnement.
Câbles, datacenters, régions cloud et points d’échange donnent au numérique une géographie matérielle. Mais leur implantation sur un territoire ne dit pas encore qui les exploite, qui en fixe les conditions d’usage, quelle autorité peut agir sur les données ni où demeure la valeur créée. Il faut donc distinguer la présence locale d’une capacité numérique de la capacité effective à décider de son fonctionnement.
Câbles, datacenters, régions cloud et points d’échange donnent au numérique une géographie matérielle. Mais leur implantation sur un territoire ne dit pas encore qui les exploite, qui en fixe les conditions d’usage, quelle autorité peut agir sur les données ni où demeure la valeur créée. Il faut donc distinguer la présence locale d’une capacité numérique de la capacité effective à décider de son fonctionnement.

LES TROIS CLÉS DE LECTURE

LES TROIS CLÉS DE LECTURE

Trois mécanismes pour distinguer présence matérielle, contrôle opérationnel et autorité juridique.
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01 - MATÉRIALITÉ

01 - MATÉRIALITÉ

Une donnée circule toujours par des infrastructures situées

Une donnée circule toujours par des infrastructures situées

Câbles, centres de données, routeurs et points d’échange donnent au numérique une géographie matérielle. Identifier ces lieux est indispensable, mais leur localisation ne dit pas encore qui exploite cette capacité ni qui peut en modifier les conditions.

Câbles, centres de données, routeurs et points d’échange donnent au numérique une géographie matérielle. Identifier ces lieux est indispensable, mais leur localisation ne dit pas encore qui exploite cette capacité ni qui peut en modifier les conditions.

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02 - INTERMÉDIATION

02 - INTERMÉDIATION

Contrôler une fonction ne suppose pas de posséder tout le réseau

Contrôler une fonction ne suppose pas de posséder tout le réseau

Opérateurs, clouds, plateformes et intermédiaires organisent l’accès, le traitement ou la circulation des données sans nécessairement posséder toutes les infrastructures mobilisées. Le pouvoir numérique se répartit ainsi entre plusieurs acteurs qui disposent chacun d’une prise différente sur le système.

Opérateurs, clouds, plateformes et intermédiaires organisent l’accès, le traitement ou la circulation des données sans nécessairement posséder toutes les infrastructures mobilisées. Le pouvoir numérique se répartit ainsi entre plusieurs acteurs qui disposent chacun d’une prise différente sur le système.

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03 - JURIDICTION

03 - JURIDICTION

Être hébergé ici ne signifie pas relever d’un seul droit

Être hébergé ici ne signifie pas relever d’un seul droit

Localisation du serveur, nationalité du prestataire, contrat, statut du responsable du traitement et compétence des autorités peuvent superposer plusieurs rattachements. La capacité juridique d’agir sur une donnée ne se déduit donc pas de sa seule implantation physique.

Localisation du serveur, nationalité du prestataire, contrat, statut du responsable du traitement et compétence des autorités peuvent superposer plusieurs rattachements. La capacité juridique d’agir sur une donnée ne se déduit donc pas de sa seule implantation physique.

CADRE D’ANALYSE

CADRE D’ANALYSE

À quel moment une présence numérique devient-elle une capacité de décision ?
À quel moment une présence numérique devient-elle une capacité de décision ?

LOCALISER

Qu’est-ce qui est physiquement situé ici ?

Qu’est-ce qui est physiquement situé ici ?

câble · datacenter · capacité de calcul

LOCALISER

Qu’est-ce qui est physiquement situé ici ?

câble · datacenter · capacité de calcul

OPÉRER

Qui exploite cette capacité ?

Qui exploite cette capacité ?

opérateur · consortium · hyperscaler

DÉCIDER

Qui en fixe les conditions d’usage ?

Qui en fixe les conditions d’usage ?

routage · accès · architecture

CONTRAINDRE

Quelle autorité peut imposer une règle ?

Quelle autorité peut imposer une règle ?

régulateur · législateur · juge

CAPTER

Qui conserve la valeur créée par cette fonction ?

Qui conserve la valeur créée par cette fonction ?

revenus · données dérivées · propriété intellectuelle

APPLICATION RÉGIONALE

APPLICATION RÉGIONALE

BRÉSIL · CHILI · MEXIQUE
BRÉSIL · CHILI · MEXIQUE

Concentrer l’interconnexion ne centralise pas le routage

Le numérique possède des lieux de concentration très visibles. Points d’échange, datacenters et nœuds de connectivité rapprochent physiquement les réseaux et réduisent le coût de leurs interactions. Cette centralité matérielle ne doit toutefois pas être confondue avec une centralisation équivalente des décisions.

Le Brésil fournit un cas particulièrement net avec IX.br. Le point d’échange de São Paulo rassemble environ 2 700 participants début septembre 2026 et constitue de très loin la principale localité du dispositif. En mars 2026, il a par ailleurs atteint un pic de 32 Tbit/s, sur un record agrégé de 50 Tbit/s pour IX.br à l’échelle nationale. São Paulo concentre donc une part exceptionnelle de la capacité d’interconnexion brésilienne.

Cette concentration n’implique pourtant pas qu’une entité unique décide du trajet des données. IX.br fournit aux systèmes autonomes participants un environnement commun dans lequel ils peuvent échanger du trafic ; ces réseaux conservent leurs propres politiques d’interconnexion et de routage. Le point d’échange rapproche physiquement les acteurs sans absorber leurs décisions.

Le cas brésilien permet ainsi de séparer deux dimensions souvent confondues. Localiser l’interconnexion renseigne sur la géographie de l’infrastructure ; localiser la décision suppose encore d’identifier les réseaux qui opèrent les flux, leurs accords de peering et les règles selon lesquelles ils choisissent leurs routes.

Un droit sur la capacité ne donne pas prise sur toute la chaîne

La présence d’un câble sous-marin sur un territoire ne dit pas encore quelle part de sa capacité est effectivement accessible, qui peut la commercialiser ni qui prend en charge son exploitation. Entre la fibre physique et le service rendu se superposent des droits d’usage, des contrats, des opérateurs et des décisions techniques.

Le projet Humboldt permet d’observer cette dissociation au Chili. En 2025, l’entreprise publique Desarrollo País et Google ont créé Humboldt Connect, société chargée d’activer et de commercialiser une partie de la capacité du futur câble reliant directement le Chili à l’Australie. Desarrollo País détient 50 % de la société.

Les états financiers de Desarrollo País précisent cependant la nature exacte de cette prise. Le principal actif de Humboldt Connect doit être constitué d’une paire de fibres optiques détenue sous forme d’IRU — indefeasible right of use — extensible à deux paires, qui devra ensuite être attribuée à un opérateur mondial de télécommunications afin d’être exploitée et/ou commercialisée comme capacité.

Le Chili rapproche donc une capacité transocéanique de son espace de décision économique sans réunir pour autant toutes les fonctions nécessaires à son fonctionnement. Un droit durable sur une partie de la fibre n’équivaut ni à exploiter seul le câble, ni à déterminer l’ensemble des routes empruntées par les données, ni à contrôler tous les services qui l’utiliseront.

Le cas Humboldt montre ainsi qu’une infrastructure peut être territorialement et contractuellement rapprochée d’un État tout en demeurant prise dans une architecture distribuée. Posséder une prise sur la capacité n’est pas encore posséder la chaîne de décision.

Localiser le cloud ne localise pas toutes les décisions

Le cloud rend cette distinction encore plus visible. Un datacenter peut être physiquement implanté dans un pays tandis que l’exploitation de la plateforme, la conception des services, les choix d’architecture, les relations contractuelles et certaines décisions relatives aux données relèvent d’acteurs différents.

En janvier 2025, AWS a ouvert sa première région d’infrastructure au Mexique, Mexico (Central), composée de trois zones de disponibilité. Cette région permet notamment aux organisations d’exécuter des charges de travail et de conserver des données sur une infrastructure située au Mexique ; AWS prévoit d’y consacrer plus de 5 milliards de dollars d’investissements sur quinze ans.

Cette territorialisation produit une capacité réelle. Elle peut réduire la latence, faciliter certaines exigences de résidence des données et rapprocher physiquement stockage et calcul des utilisateurs mexicains. Mais elle ne transforme pas le fournisseur de cloud en acteur mexicain ni le client en opérateur de l’infrastructure. AWS exploite la plateforme ; les organisations clientes configurent leurs usages ; le contrat définit une partie des responsabilités ; les autorités interviennent dans le cadre de leurs compétences.

Le droit mexicain rend cette pluralité particulièrement visible. Pour les organismes publics, la législation adoptée en 2025 encadre explicitement le recours aux services de cloud : elle distingue le responsable du traitement du prestataire externe et impose notamment des exigences relatives aux politiques de protection, aux sous-traitants, aux conditions contractuelles, à la sécurité et aux accès aux données.

La localisation du calcul modifie donc la géographie du numérique sans faire disparaître les autres niveaux de contrôle. Le serveur peut être au Mexique tandis que l’exploitation technique, certaines décisions contractuelles, la propriété des technologies ou la captation de la valeur demeurent distribuées entre plusieurs acteurs et plusieurs espaces.

ÉCLAIRAGE EMPIRIQUE

ÉCLAIRAGE EMPIRIQUE

São Paulo concentre l’interconnexion sans centraliser le routage
São Paulo concentre l’interconnexion sans centraliser le routage
BRÉSIL · IX.br · PARTICIPANTS PAR LOCALITÉ SÉLECTIONNÉE · DÉBUT SEPTEMBRE 2026
BRÉSIL · IX.br · PARTICIPANTS PAR LOCALITÉ SÉLECTIONNÉE · DÉBUT SEPTEMBRE 2026

CE QUE MONTRE LA DONNÉE

São Paulo change d’échelle au sein d’IX.br. Début septembre 2026, la localité rassemble environ 2 700 participants, soit près de trois fois plus que Fortaleza et plus de trois fois et demie le niveau observé à Rio de Janeiro. En mars, le point d’échange de São Paulo avait également atteint un pic de 32 Tbit/s, soit environ 64 % du record agrégé de 50 Tbit/s enregistré simultanément par IX.br. Cette centralité ne signifie toutefois pas centralisation du routage. IX.br organise le lieu de rencontre entre systèmes autonomes ; il ne décide pas à leur place de leurs politiques de routage ni de leurs accords d’interconnexion. Une capacité peut donc être fortement territorialisée sans que le pouvoir de décision sur les flux le soit dans les mêmes proportions. Le graphique mesure ainsi une centralité d’interconnexion, pas un degré de souveraineté numérique. Il rend visible l’échelle prise par São Paulo dans l’infrastructure brésilienne, puis oblige précisément à poursuivre l’analyse : qui opère les réseaux, qui fixe les routes et qui conserve la capacité d’en modifier les conditions ?

São Paulo change d’échelle au sein d’IX.br. Début septembre 2026, la localité rassemble environ 2 700 participants, soit près de trois fois plus que Fortaleza et plus de trois fois et demie le niveau observé à Rio de Janeiro. En mars, le point d’échange de São Paulo avait également atteint un pic de 32 Tbit/s, soit environ 64 % du record agrégé de 50 Tbit/s enregistré simultanément par IX.br. Cette centralité ne signifie toutefois pas centralisation du routage. IX.br organise le lieu de rencontre entre systèmes autonomes ; il ne décide pas à leur place de leurs politiques de routage ni de leurs accords d’interconnexion. Une capacité peut donc être fortement territorialisée sans que le pouvoir de décision sur les flux le soit dans les mêmes proportions. Le graphique mesure ainsi une centralité d’interconnexion, pas un degré de souveraineté numérique. Il rend visible l’échelle prise par São Paulo dans l’infrastructure brésilienne, puis oblige précisément à poursuivre l’analyse : qui opère les réseaux, qui fixe les routes et qui conserve la capacité d’en modifier les conditions ?

SOURCE & MÉTHODE

Données : IX.br / NIC.br, nombre de participants par localité, relevés début septembre 2026 ; NIC.br, record de trafic agrégé d’IX.br et pic enregistré à São Paulo en mars 2026. Les effectifs de participants sont publiés sous forme de listes dynamiques et peuvent donc évoluer d’un relevé à l’autre.

Calculs et visualisation : Mirador · Python (pandas, Matplotlib). La figure compare huit localités sélectionnées afin de rendre visible l’écart d’échelle autour de São Paulo. Elle ne constitue ni un classement exhaustif des localités IX.br ni une mesure du contrôle exercé sur les flux. Le nombre de participants renseigne sur l’échelle de l’interconnexion ; le pic de trafic apporte un second indicateur de centralité. Aucun des deux ne permet cependant d’inférer à lui seul une concentration équivalente du pouvoir de routage, de la propriété des infrastructures ou de la valeur créée.

CE QUE J’EN RETIENS

CE QUE J’EN RETIENS

La souveraineté numérique ne se déduit pas de la seule présence des infrastructures : elle dépend des décisions qu’elles permettent effectivement de prendre.
La souveraineté numérique ne se déduit pas de la seule présence des infrastructures : elle dépend des décisions qu’elles permettent effectivement de prendre.

Le Brésil organise localement une interconnexion d’une ampleur exceptionnelle sans centraliser les politiques de routage. Le Chili sécurise une prise contractuelle sur une capacité transocéanique sans réunir toutes les fonctions nécessaires à son exploitation. Le Mexique rapproche stockage et calcul du territoire avec une région cloud locale sans faire coïncider pour autant localisation physique, exploitation, autorité juridique et captation de valeur. Dans les trois cas, une fonction numérique se rapproche du territoire sans que l’ensemble de l’architecture y soit transféré. Territorialiser peut accroître une marge de manœuvre ; mesurer le contrôle exige encore d’identifier qui opère, qui décide, qui peut contraindre et qui capte la valeur.

Le Brésil organise localement une interconnexion d’une ampleur exceptionnelle sans centraliser les politiques de routage. Le Chili sécurise une prise contractuelle sur une capacité transocéanique sans réunir toutes les fonctions nécessaires à son exploitation. Le Mexique rapproche stockage et calcul du territoire avec une région cloud locale sans faire coïncider pour autant localisation physique, exploitation, autorité juridique et captation de valeur. Dans les trois cas, une fonction numérique se rapproche du territoire sans que l’ensemble de l’architecture y soit transféré. Territorialiser peut accroître une marge de manœuvre ; mesurer le contrôle exige encore d’identifier qui opère, qui décide, qui peut contraindre et qui capte la valeur.

LÀ OÙ LA GRILLE S’ARRÊTE

LÀ OÙ LA GRILLE S’ARRÊTE

Une prise n’est pas un bilan de souveraineté.
Une prise n’est pas un bilan de souveraineté.

Identifier une capacité locale de décision ne suffit pas à mesurer l’autonomie numérique d’une économie. Une forte présence dans l’interconnexion ne renseigne pas sur l’ensemble du parcours des données. Un droit d’usage sur une fibre ne préjuge pas de la manière dont cette capacité sera effectivement exploitée. La localisation du calcul ne dit pas non plus quelle part de technologie, de propriété intellectuelle ou de valeur demeure sur le territoire. Une partie des variables décisives reste en outre difficilement observable. Contrats privés, accords de peering, architectures internes, dépendances logicielles et conditions d’accès peuvent déplacer le contrôle sans apparaître dans la géographie visible des infrastructures. Deux dispositifs physiquement semblables peuvent ainsi offrir des marges de décision très différentes. La grille ne fournit donc pas un indice unique de souveraineté. Elle localise des prises de décision distinctes sur une fonction donnée : présence physique, exploitation, capacité à modifier les règles, autorité juridique et captation de valeur. Une économie peut progresser sur l’un de ces niveaux tout en restant fortement dépendante sur les autres. Enfin, davantage de capacité locale de décision n’est pas nécessairement préférable en toute circonstance. Renforcer le contrôle peut accroître les coûts, réduire l’interopérabilité, limiter l’ouverture à certains fournisseurs ou dégrader la qualité du service. À l’inverse, accepter une dépendance extérieure peut parfois procurer des gains d’échelle ou d’innovation difficiles à reproduire localement. La grille permet donc de demander où se trouve le pouvoir ; elle ne détermine ni le niveau de souveraineté souhaitable ni le coût qu’il serait rationnel de supporter pour l’accroître.

Identifier une capacité locale de décision ne suffit pas à mesurer l’autonomie numérique d’une économie. Une forte présence dans l’interconnexion ne renseigne pas sur l’ensemble du parcours des données. Un droit d’usage sur une fibre ne préjuge pas de la manière dont cette capacité sera effectivement exploitée. La localisation du calcul ne dit pas non plus quelle part de technologie, de propriété intellectuelle ou de valeur demeure sur le territoire. Une partie des variables décisives reste en outre difficilement observable. Contrats privés, accords de peering, architectures internes, dépendances logicielles et conditions d’accès peuvent déplacer le contrôle sans apparaître dans la géographie visible des infrastructures. Deux dispositifs physiquement semblables peuvent ainsi offrir des marges de décision très différentes. La grille ne fournit donc pas un indice unique de souveraineté. Elle localise des prises de décision distinctes sur une fonction donnée : présence physique, exploitation, capacité à modifier les règles, autorité juridique et captation de valeur. Une économie peut progresser sur l’un de ces niveaux tout en restant fortement dépendante sur les autres. Enfin, davantage de capacité locale de décision n’est pas nécessairement préférable en toute circonstance. Renforcer le contrôle peut accroître les coûts, réduire l’interopérabilité, limiter l’ouverture à certains fournisseurs ou dégrader la qualité du service. À l’inverse, accepter une dépendance extérieure peut parfois procurer des gains d’échelle ou d’innovation difficiles à reproduire localement. La grille permet donc de demander où se trouve le pouvoir ; elle ne détermine ni le niveau de souveraineté souhaitable ni le coût qu’il serait rationnel de supporter pour l’accroître.